Peu d’études ont été consacrées aux bénéfices d’une activité physique régulière chez les personnes transplantées rénales.

 

 

La fondation nationale du rein aux US (KDOQI) recommande, en cas de pathologie chronique du rein, la pratique d’une activité physique aérobie compatible avec l’état de forme des patients (d’un point de vue cardiovasculaire en particulier mais aussi de la tolérance à l’effort). Il est conseillé de réaliser des séances avec une intensité d’effort modéré d’au moins 30 minutes , 5 fois par semaine. 

 

 

Ces recommandations sont associées à un IMC de 20 à 25, une alimentation équilibrée et l’arrêt du tabac pour les fumeurs.

 

 

Il faut savoir que les capacités physiques chez une personne transplantée en comparaison à la population générale sont diminuées de 30%, ce qui laisse de grandes possibilités de pratique.

 

 

Chez les personnes transplantées de nombreux facteurs s’opposent à la pratique d’une activité physique. La dysfonction rénale, les traitements anti-rejets (en particulier les corticoïdes qui sur le long terme provoquent une atrophie musculaire et un diabète appelé cortisonique), l’obésité, le diabète peuvent représenter des freins importants à la reprise d’une activité en raison d’une aptitude physique amoindrie.

 

 

RISQUES SUR LE PLAN CARDIOVASCULAIRE

 

 

Les accidents cardiovasculaires sont 6 fois plus fréquents chez les transplantés en comparaison avec la population générale.

 

 

Indépendamment de l’âge, la pratique régulière d’une activité physique est associée à un risque cardiovasculaire plus faible, un taux de cholestérol diminué, une meilleure tolérance au glucose et une meilleure sensibilité à l’insuline (l’inverse est générateur d’une résistance à l’insuline qui peut à terme provoquer un diabète de type 2).

 

 

Différentes études ont montré que la masse musculaire était inversement proportionnelle au taux de mortalité : une masse musculaire élevée semble associée à une mortalité moins importante chez les transplantés.

 

 

Une prise de poids notable est constatée suite à la transplantation en raison d’une augmentation de la masse grasse. La sédentarité, chez les personnes transplantées comme  dans la population générale, est responsable de l’accumulation au niveau viscéral de masse grasse voire d’une obésité.

 

 

Cette accumulation associée à une inactivité physique provoque une succession de phénomènes inflammatoires qui auront pour conséquence :

 

 

  • Athérosclérose : accumulation d’acides gras dans les parois des artères => risque d’infarctus
  • Résistance à l’insuline qui peut aboutir sur un diabète de type 2.

 

 

Autre point, l’activité physique régulière permet la production d’un puissant vasodilatateur (NO : monoxyde d’azote).

 

 

L’inactivité à l’inverse diminue la production de NO. Si cette diminution se produit de façon concomitante avec l’athérosclérose, le flux sanguin aura plus de mal à circuler et ceci augmente le risque d’infarctus.

 

 

Avant la transplantation la masse musculaire est moins importante est associée à l’insuffisance rénale terminale et l’hémodialyse. Des phénomènes inflammatoires et l’acidose métabolique contribuent à la dégradation des protéines musculaires.

 

 

Post greffe, la masse musculaire est d’autant plus faible que la dose cumulée de corticoïdes est importante. Ceci est vrai également chez les personnes sédentaires. Le phénomène est inhérent au traitement et non à la greffe.

 

 

En revanche, ce phénomène n’est pas observé chez les personnes sous traitements corticoïdes et qui maintiennent une activité physique.