La fibromyalgie est caractérisée par des douleurs musculaires chroniques et associées à des symptômes psychosomatiques, dont l’origine reste parfois inconnue.

LA MALADIE EN QUELQUES MOTS

En France, environ 700 000 personnes souffrent de cette pathologie. On note une prédominance chez les femmes (3,4% vs 0,5% chez les hommes). L’âge de survenue se situe entre 40 et 60 ans.

Le diagnostic de la fibromyalgie est souvent long à établir car aucun examen ni aucune analyse ne peut la mettre en évidence.

La fibromyalgie pourrait être la conséquence de plusieurs évènements. Il pourrait s’agir d’anomalies musculaires, de troubles neurologiques, de la dérégulation du système nerveux autonome (celui qui contrôle nos activités inconscientes comme les battements cardiaques, respiration etc) , d’une augmentation du centre de traitement de la douleur ou encore d’une prédisposition génétique.

Certains évènements pourraient favoriser l’apparition de ce syndrome : un traumatisme physique ou émotionnel, une charge de travail physique élevée, des troubles du sommeil…

Le seuil de la douleur se trouve diminué comparé à des sujets sains. La douleur apparaît pour une pression inférieure comparé au sujet témoin. En condition physiologique, les récepteurs à la douleur sont activés par des stimuli suite à une blessure etc …Un message est alors acheminé par les voies nerveuses jusqu’au cerveau , entrainant la perception de la douleur.

Dans ce syndrome, il existe une hyperactivité de ces récepteurs entrainant un état d’hypersensibilisation à différents stimuli (forte luminosité, toucher etc.)

La sérotonine est un neurotransmetteur ( molécule qui assure la transmission de messages entre deux neurones ) à action antinociceptive ( anti-douleur) retrouvé à des taux plus faibles chez les sujets fibromyalgiques comparés au sujet sain.

Elle semble donc être impliquée dans les phénomènes douloureux. De plus, elle est mise en jeu dans la régulation du sommeil, l’anxiété et la dépression, elle pourrait, donc aussi, être responsable de symptômes de la fibromyalgie.

Le traitement médicamenteux comprend souvent des anti-douleurs, des antidépresseurs, des antiépileptiques utilisés pour calmer les douleurs d’origine nerveuse ( neuropathie) et bien d’autres molécules suivant les individus.

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L’ACTIVITÉ PHYSIQUE COMME TRAITEMENT

L’exercice aérobie a fait ses preuves dans le syndrome de fibromyalgie: la marche, le cyclisme, le jogging aquatique, les jeux, la danse et les mouvements rythmiques ou de boxes.

Ces activités auraient un impact positif sur la réduction de la douleur, la fatigue, l’humeur dépressive et permettrait d’améliorer la condition physique de l’individu ainsi que sa qualité de vie.

L’intensité d’exercice en début de programme devrait commencer à une intensité inférieure aux capacités de l’individu, puis augmenter progressivement vers une intensité modérée dans le but de maintenir l’effort 20 à 30 minutes et de le répéter 2 à 3 fois dans la semaine.

Les auteurs conseillent une diminution de l’intensité et de la durée si les douleurs ou la fatigue sont exacerbées. L’intensité doit augmenter de 10% après 2 semaines de programmes, seulement si les individus ne ressentent pas une accentuation des symptômes.

Les pratiques centrées sur le corps et l’esprit, comme le Tai Chi et le yoga, ont montré sur plusieurs semaines de prise en charge des améliorations importantes aux questionnaires de qualité de vie, de douleur et de déficits fonctionnels

La technique Pilates qui allie renforcement musculaire des muscles profonds, flexibilité, respiration, posture et mouvement, a aussi montré son efficacité sur le bien-être global et la douleur après 12 semaines

Des auteurs ont étudié l’effet de la marche nordique à intensité modérée à élevée sur les capacités fonctionnelles et la douleur chez 67 femmes fibromyalgiques. Les séances réalisées deux fois par semaine pendant quinze jours ont montré une amélioration de la capacité fonctionnelle (résultat test de 6min marche), une diminution des limites d’activités, et de meilleur score sur l’échelle de la douleur

L’objectif final, qui peut prendre plusieurs mois, est d’atteindre 150 minutes d’activité physique par semaine à une intensité modérée. Il faut par ailleurs éviter les activités à fort impact et minimiser les contractions excentriques. Il n’est pas rare que les douleurs et la fatigue augmentent durant les premières semaines d’entrainement.

En conséquence, un taux d’abandon élevé est relevé dans la plupart des études, c’est pourquoi, il faut expliquer au patient que cela est normal, mais que si l’exercice est réalisé de manière adapté et individualisé, ces symptômes devraient diminuer au fur et à mesure de l’entrainement.